C’est la fin du mois de juin, et les examens s’approchent à grand pas. Joanne comme chaque jour depuis presque deux semaines travaille dans la chaleur étouffante de son laboratoire. Toute la journée passée à étudier ces vains organismes unicellulaires mener leur vie absurde sous la lumière blafarde du microscope use la jeune fille. Parfois, sans même s’en rendre compte, elle se laisse aller à la rêverie.

Sans doute à cause de son air tantôt trop sévère tantôt terrorisé, cachée derrière ses longues mèches blondes, son petit nez ou pointe des tâches de rousseur discrètes supportant des lunettes à la monture noire et épaisse, la pauvre n’a jamais connu l’amour. Elle n’a pourtant rien de la vieille fille à laquelle semble promis son destin, et les effluves printanières diffusant à travers la fenêtre suffisent à ouvrir peu à peu son corps à la nature exubérante de vie qui l’attend au dehors.
Comme elle serait mieux à se promener au bord du lac, goûtant l’air frais du port. Fermant les yeux, elle laisse s’exprimer cette avidité de liberté ; elle se voit allongée, nue dans l’herbe fraîchement coupée. Le vent lui caresse l’échine, le soleil glisse lentement le long de sa peau sur sa nuque, le creux de son dos pour venir effleurer ses fesses blanches et rondes, telle une flatterie indécente.
Il fait vraiment trop chaud dans ce local si exigu. Joanne dénoue son chignon trop serré, son corps entier crie à l’affranchissement. Ses longs cheveux roux flottent maintenant librement et la jeune femme ne retient plus sa transpiration. Ouvrant son chemisier elle se décide même à enlever ce soutien gorge trop serré pour libérer deux seins fermes et emplis de vie. Son souffle ainsi délivré de cette entrave, elle remet sa chemise blanche, sans pour autant la fermer. Après tout, jamais personne d’autre ne met les pieds ici.
A travers la vitre teintée de sa prison, elle observe : là, juste devant quelques garçons jouent au football. Sans doute de jeunes étudiants en science comme elle, d’ailleurs elle croit en reconnaître quelques uns sans pour autant connaître leurs noms. En jeune fille effacée, elle n’a en fait pratiquement jamais adressé la parole à personne, et encore moins à des hommes aussi charmants. Ce n’est pas qu’ils soient excessivement beaux, telle l’image que l’on s’en fait dans les magazines ou à la télé.
Non, ceux-ci sont franchement humains et épanouis. Comme s’ils n’avaient pour quelques heures plus aucune conscience du travail terrible qui les attend, ils courent, rient, se bagarrent dans une ambiance gaie et innocente. Il y a surtout ce jeune homme, elle l’a déjà remarqué auparavant dans les couloirs sans jamais oser regarder franchement dans sa direction. A torse nu sous le soleil il semble empli d’un désir de vivre insatiable, luttant de toutes ses forces, le regard volontaire voire ambitieux tout en étant franc et candide. Il est la cigale et elle la fourmi, pourtant en ce moment elle le désire, et aimerait le suivre. Libre de toute obligation, elle aimerait courir nue avec lui, main dans la main, au milieu de la forêt. S’arrêter au bord d’une cascade où il embrasserait son corps entier, avant de lui faire l’amour…
Joanne éprouve cette sensation déjà ressentie auparavant. Une chaleur de plus en plus vive s’insinue en amont dans le creux de ses cuisses, elle perd toute concentration et sans se rendre compte qu’elle a laissé glisser sa chemise à terre, elle caresse tendrement le bout de ses seins durcis. De ses petits doigts elle en flatte les contours, faisant frémir sa peau douce et frêle. Sans s’en apercevoir elle laisse échapper de petits cris étouffés.
C’est alors qu’un choc violent au dessus de l’armoire lui retourne le cœur, lui arrachant au passage un petit cri proche d’un gémissement. Le ballon avec lequel étaient en train de jouer les étudiants vient de passer par la fenêtre et heurter un carton rempli de vieux matériel. Avant que Joanne n’ait compris quoi que ce soit l’objet de ses fantasmes vient de pénétrer par la porte mal fermée de la pièce.
- Euh, excuse moi, je crois que mon ballon doit être par là.
Le sourire d’abord ravageur et assuré, le séduisant jeune homme prend soudain l’air gêné et terriblement désemparé lorsque son regard se pose sur la poitrine généreuse de Joanne.
- Euh… je voulais dire..
Sentant qu’elle vient de prendre l’ascendant sur cet homme troublé, Joanne use de ce savoir instinctif propre aux femmes pour l’amener à combler ses envies. Elle a en fait toujours trop réfléchi, sans savoir que ce pouvoir était naturellement en sa possession. Usant de ce charme sauvage à demi révélé, elle ferme la porte du talon, avant de le pousser dans l’arrière-cour où ses envies débridées prennent enfin tout leur essor.

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